• Histoire de l’hypnose

  • Le développement des concepts, des croyances et des pratiques liées à l'hypnose et l'hypnothérapie pour le traitement et la guérison de divers problèmes ont été documentés depuis des milliers d'années. 

  • Introduction

    Officiellement, le mot hypnose est introduit en 1842 par James Braid. L'état hypnotique est plus fréquent qu'on le pense. Il s'agit d'un phénomène naturel (par exemple un conducteur au volant de sa voiture n'arrivant pas à se souvenir du trajet qu'il vient juste de faire et pourtant son attention sur sa conduite était bien présente). C'est un état dans lequel nous nous trouvons régulièrement plusieurs fois par jour suivant un rythme de 90 à 120 minutes. Dans cet état, notre esprit et notre cerveau fonctionnent différemment de l'état de veille habituel. Quand on est dans cet état, on dit que l'on est en transe, ou dans une transe hypnotique.

    L'hypnose est donc cet état particulier de conscience la perception de ce qui se passe autour de soi diminue. Pourtant, la personne reste sensible à certaines suggestions.Il permet un état de relaxation extrême et  d'hyper suggestibilité, c'est à dire que l'on peut ressentir à volonté des émotions et des sensations imaginaires. D'ailleurs le terme Hypnose est dérivé du grec ancien Hypnos qui était le Dieu du sommeil.

    Cependant, pour rassurer nos lecteurs nous précisons que l'on ne peut pas forcer une personne à faire ou dire des choses qu'elle ne souhaite pas. La partie consciente du raisonnement conserve ses propres barrières.

    Histoire de l'hypnose

    De tout temps et dans de nombreuses civilisations, le phénomène hypnotique était connu et employé comme un processus pouvant influer profondément sur l'esprit humain.On sait que l'état hypnotique était connu depuis des millénaires dans les civilisations anciennes. En particulier ce qu'on appelle l’auto-hypnose. Au XVIIIe siècle avant Jésus-Christ, la transe hypnotique est déjà utilisée par les Chinois sur fond de musique. l'objectif était d'entrer en communication avec les morts. Parmi les techniques de méditations observées au Japon et en Chine depuis des millénaires, l’auto-hypnose y figure en bonne place. Elle permet ainsi d'observer des hommes dansant sur le feu, qui n'éprouvent ni douleur ni lésion, comme à Bali. 2400 ans avant Jésus-Christ, en Inde, les yogis et les fakirs utilisent des exercices respiratoires, de concentration et de méditation sur un objet afin d'entrer dans un état hypnotique proche de l'extase, qui les rapproche de l'être suprême. Encore aujourd'hui, cet état de conscience modifiée leur permet d'influencer le fonctionnement de leurs organes internes. L'hypnose a également été utilisée par les Indiens d'Amérique du Nord qui s'infligaient des douleurs atroces en se privant de nourriture pendant des jours ou on s'isolant pendant des semaines mais aussi en consommant des substances diverses quelque peu hallucinogènes. Les anciens Égyptiens ont aussi utilisé une forme d'hypnose dans leurs temples et certains tableaux anciens égyptiens montrent des scènes avec des passes hypnotiques.

    egypte hypnose

    Au Xe siècle, les moines du mont Athos  se plongent dans un état d'hypnose profonde leur permettant d'obtenir la vision de Dieu, par la contemplation ininterrompue de leur nombril. L'avènement du christianisme a beaucoup à voir avec le déclin de l'utilisation de l'hypnose et la transe de guérison, car l'hypnose était alors considérée comme de la sorcellerie et la guérison par la transe si elle était pratiquée l'était souvent  en secret.

     

     


    Franz Anton Mesmer

    Né à Iznang Il a vécu de 1734 à 1815, il fait des études à l'université de Vienne, où il devient docteur en médecine en 1776.

    Mesmer magnetisme animal

    On Reconnait Franz Anton Mesmer comme le père de l'hypnotisme, on l'appelait à l'époque "le magicien de Vienne"

    .magnetisme animal

    Ce Médecin allemand  Influencé par le médecin anglais Richard Mead pour qui les phénomènes atmosphériques ont un effet sur le corps humain pensait qu'un fluide universel et curatif circulait dans l'univers et reliait les planètes et les organismes qui y vivaient, ce fluide selon lui pouvait être canalisé et isolé à des fins thérapeutiques en soulagant les douleurs de ses patients.. Selon lui, un déséquilibre de ce fluide dans le corps ferait la différence entre la santé et la maladie. Mesmer rencontra en 1774  un père jésuite, Maximilien Hell qui guérissait des malades au moyen de fers aimantés. Mesmer imagine alors que ce fluide dont il avait fait l'hypothèse pourrait être activé par des objets magnétisés et répondrait ainsi aux lois du magnétisme. En 1776, Mesmer abandonne l'utilisation des aimants, constatant que son propre fluide était suffisant à réguler celui de ses patients.Il le nomma ce fluide "magnétisme animal",  Il effectua par la suite des passes magnétiques avec les mains, ces dernières étant selon l’affection traitée, locales ou générales.C'est la naissance du Mesmérisme. Ces soins s'adressaients tout autant à la population bourgeoise de la capitale qu'aux classes sociales moins favorisées.

     Franz Anton Mesmer mesmerisme

    La pratique du mesmérisme  permettait d'élever l'état émotionnel d'une personne, ou d'une foule, à un niveau anormal, mais contrôlable.Une mise en scène théâtral et la musique jouait un rôle important pour obtenir le contrôle mental et nerveux des gens. Mesmer circulait entre les patients une baguette magnétique à la main et induisait le « rapport » par des passes et une fixation du regard ou utilisait des appareils qu'il avait aussi inventé et permettaient de traiter un nombre important de malades dans des cuves spéciales.Ceux- ci se rangaient autour du baquet, une corde passée autour de leur corps les unit les uns aux autres. Le couvercle est percé d'un certain nombre de trous d'où sortent des branches de fer, cordées et mobiles que les malades devaient appliquer sur les points dont ils souffraient.

    mesmer baquet

    . Le patient faisait alors le plus souvent une crise convulsive, comportant des mouvements désordonnés du corps, des contractions musculaires, des claquements de dents et une chute en arrière avec une perte de conscience. Cette crise, dite aussi crise curative, se terminait par une phase de détente, marquant ainsi le retour à l'équilibre du fluide.Cette technique est le précurseur de l'hypnotisme.

    L'histoire du magnétisme animal est aussi remplie d'étranges histoires (souvent occultées) dans lesquelles le patient magnétisé possède des pouvoirs que l'on pourrait qualifier aujourd'hui de pouvoirs psychiques en effet les récits de l'époque rapportent des états de transe durant lesquels certains somnambules semblent capables de  lire ce qui  se passe dans  l'esprit de leur magnétiseur, de se porter en esprit à distance, de prévoir des  événements  futurs,  d'éprouver  à  distance  les  douleurs  physiques  ou morales  d'une  autre  personne, de voir l'intérieur de leur propre organisme, à l'époque on décrit ces phénomènes  sous  le  terme générique de lucidité magnétique.

    En plein essor de la pratique du magnétisme animal, trois principaux courants existaient:

    - Les mesmériens : ils expliquent les modifications physiologiques et psychiques suscitées par la magnétisation en mettant l'accent sur la circulation du fluide. Leur conception dominante, résolument physicaliste et matérialiste, est proche de celles de médecins qui, tel Désiré Pététin, préfèrent parler d'« électricité vitale ».

    - Les psychofluidistes: ils considèrent la volonté comme l'agent véritable de l'action magnétique mais gardent l'hypothèse d'un fluide comme vecteur de cette volonté. Les théoriciens de ce courant, qui se réclament de la raison, estiment que le somnambulisme dévoile les puissances latentes de l'âme.

    - Les spiritualistes : apparentés à une branche mystique de la franc-maçonnerie. Les uns pensent agir sur leurs malades directement par la volonté et la prière, d'autres considèrent que lors de leurs transes, les magnétisés entrent en contact avec des esprits présents dans l'au delà.

    Après la Restauration émerge le courant de ceux que l'on a appelé les imaginationnistes, pour qui ni la volonté du magnétiseur, ni un quelconque fluide n'interviennent. Pour eux, le magnétisme ne fait que libérer des puissances internes au sujet, les puissances de l'imagination, qui sont susceptibles de modifier de façon impressionnante la totalité psycho-organique de ce dernier.

    Afin de faire taire ces phénomènes une commission officielle d'enquête de l'Académie des Sciences et la Société Royale de Médecine mandatées par le roi et rendirent chacune un rapport, concluant tous deux à l'inexistence d'un fluide et à une action curative liée à l'imagination.Condanné Mesmer reparti vers l'Allemagne où il ne trouvera pas d'écho chez le prince Henri de Prusse.

     

    OUVRAGES PRINCIPAUX :


     - Mémoire sur la découverte du magnétisme animal (1779).
     - Précis historique des faits relatifs au magnétisme animal jusqu'en avril 1781 (1781).
     - Mémoire de F. A. Mesmer, docteur en médecine, sur ses découvertes (1799).


    Marquis de Puysegur

    Amand Marie Jacques de Chastenet de Puységur dit Le marquis de Puységur a vécu de 1751 à 1825 et est l'élève de Franz-Anton Mesmer Le marquis de Puységur  se distingue de Mesmer en déclarant n'être qu'un vecteur pour les malades qui seraient leurs propres médecins,il faire la preuve que les crises convulsives dont Mesmer avait fait la manifestation par excellence du magnétisme, sont inutiles aux objectifs visés, en effet au lieu de spasmes, il obtient un état de conscience altéré et calme, par analogie avec le somnambulisme, connu depuis l'antiquité, le marquis de Puységur nomme cet  état  le  somnambulisme artificiel,  ou encore  le  sommeil magnétique.et là où Mesmer prétend soigner par une action exclusivement physiologique dont le magnétiseur serait la source le marquis de Puységur montre l'importance du contact verbal entre le magnétiseur et le magnétisé. le  magnétisme de Puységur se manifeste par un sommeil paisible et actif dans lequel le sujet possède des qualités extraordinaires. Lors de ces « crises » somnambuliques, les patients deviennent capables de désigner leurs propres  remèdes.

    Le système complexe de Mesmer est simplifié avec l’idée d’un fluide individuel transmis par des « passes ». Ce fluide serait suscité par la volonté du magnétiseur et il le mettrait « en  rapport » avec son magnétisé.

    marquis de puysegur et madame de montesson


    Abbé Faria

    Source d'inspiration d'Alexandre Dumas dans le « Comte de Monte-Cristo » José Custodio de Faria prêtre et professeur de philosophie, dit l'abbé Faria a vécu de 1755 à1819. L'abbé  Faria est le premier à découvrir l'hypnose. Les procédés d'endormissement n’ont d'autres valeurs que de libérer une capacité autothérapeutique liée à l'état somnambulique,

    qu'il qualifie de « sommeil lucide ». Cet état ne dépend pour lui nullement du magnétiseur mais bien du patient dont la volonté n'est d'aucun secours. Il est le précurseur de l'utilisation de la suggestion et il magnétise ses sujets en leur ordonnant brusquement de dormir.


    James Braid

    Ce chirurgien écossais fut le premier expérimentateur médical de l'hypnotise.

    James Braid hypnose

    James Braid est né à Rylaw House dans le Fifeshir en angleterre où son père était propriétaire terrien,, Il a vécu de 1795 à 1860. et a fait ses études à l'université d'Édimbourg avant de s'établir comme chirurgien dans le Lanarkshire. Par la suite, il s'installe à Manchester, où il acquiert rapidement une popularité importante, spécialement en orthopédie.

    Il assiste en novembre 1841, à Manchester, aux démonstrations de l'hypnotiseur Charles Lafontaine. De retour chez lui, il essaie de provoquer le somnambulisme chez son épouse, son assistant et son domestique. Il leur fait fixer à chacun un objet différent, respectivement un couvercle de sucrier, le haut d'une bouteille et une préparation pharmaceutique. Il remarque que le fait de fixer un objet quelques minutes provoque une fatigue oculaire dont découle un sommeil particulier qu'il qualifie de psychologique et auquel il donnera le nom de catalepsie palpébrale.

    En 1843, il publie ses premières observations et donne le nom d'hypnotisme à ce sommeil particulier.James Braid remplace la théorie du fluidisme par une théorie "psycho-neurophysiologique". L'hypnose est pour lui un phénomène neurophysiologique permettant de plonger le patient dans un sommeil artificiel par fixation visuelle. Il rejet ainsi définitivement le magnétisme et sa théorie fluidique et donne à l'hypnose son statut scientifique. Son approche objective le coupe de toutes intuitions concernant la nature relationnelle que crée le lien hypnotique. Son mérite est d'avoir compris qu'hypnotiser, relevait plus d'un Savoir que d'un Pouvoir quelconque et ayant réussi à hypnotiser des aveugles, il conclut que l'essentiel dans l'induction hypnotique n'est peut-être pas la fixation du regard sur un objet,  mais la suggestion verbale faite par l'hypnotiseur à même d'opérer une impression sur les centres nerveux. Étienne Eugène Azam, chirurgien bordelais né en 1822, mort en 1899 introduira le braidisme en France, en 1859, comme méthode anesthésique dans les blocs chirurgicaux. En effet au XIXe siècle, les dérivés de l'opium restaient le principal anti-douleur efficace, et l'hypnose permis de soulager les pauvres patients qui ne bénéficiaient pas comme aujourd'hui des moyens médicaux de la médecine moderne. A la fin du XIXe siècle l'usage de l'endormissement chimique général à l'éther puis au chloroforme (malgrès des accidents) remplaca cette technique.


    L'École de Nancy ou l' École de la suggestion

    L'École de Nancy, aussi appelée École de la suggestion, est, avec l'École de la Salpêtrière, l'une des deux grandes écoles ayant contribué à l'« âge d'or » de l'hypnose en France de 1882 à 1892. Cette école est composée d'Ambroise-Auguste Liébeault qui fit des études de médecine avant de se consacrer au métier de guérisseur, du professeur de médecine Hippolyte Bernheim, du juriste Jules Liégeois et du médecin Henri Beaunis. La méthode thérapeutique d'Ambroise-Auguste Liébeault est fondée sur l'hypothèse que L'état hypnotique est analogue au sommeil naturel, c'est un état physiologique naturel caractérisé par une hypersuggestibilité et tout le monde est hypnotisable à des degrés variables.

    Bernheim décrit en détail les différents degrés d'hypnose :

    - premier degré : somnolence et engourdissement

    - Secon degré :catalepsie suggestive, c'est-à-dire conservation d'une position imprimée à un membre par l'hypnotiseur

    - Troisième degré :anesthésie cutanée

    - Quatrième degré : sommeil

    - Cinquième degré : somnambulisme, c'est-à-dire hallucinations dans différents domaines sensoriels

    - Sixième degré : à ce stade ultime, le sujet est parfaitement docile aux suggestions de l'hypnotiseur, alors qu'au réveil, l'amnésie sera complète. C'est à ce stade que sont imposées les fameuses suggestions post-hypnotiques.

    Le sommeil hypnotique est provoqué par la suggestion directes des principaux symptômes de la production du sommeil : le besoin de dormir, la pesanteur des paupières, le sentiment du sommeil, la diminution de l'acuité des sens. Notons que ces suggestions restent, à peu de choses près, celles qu'on utilise aujourd'hui dans le training autogène de Schultz

    Bernheim élabore une psychologie expérimentale basée sur l'hypnose et abandonne progressivement celle-ci, soutenant que ses effets peuvent tout aussi bien être obtenus à l'état de veille par la suggestion, selon une méthode qu'il désigne du nom de pychothérapie, terme créé par Hack Tuke, disciple anglais de Bernheim.

    En 1884, paraît l'ouvrages de Bernheim qui marquera le début officiel de l'Ecole de Nancy : De la suggestion dans l'état hypnotique et dans l'état de veille. On voit que le terme de suggestion est déjà proposé dès cette époque. Il marque l'aboutissement d'un long cheminement expérimental et intellectuel qui avait débuté plus d'un siècle auparavant, avec les expériences de Mesmer à Paris.

    BERNHEIM Hippolyte

    OUVRAGES PRINCIPAUX DE BERNHEIM ::

    - Des Fièvres typhiques en général, Strasbourg (1868)
    - Leçons de clinique médicale, Paris (1877)
    - De la suggestion dans l'état hypnotique et dans l'état de veille, Paris (1884)
    - De la Suggestion et de ses applications à la thérapeutique, Paris (1886)
    - Recueil de faits cliniques, 1883-1886 (1890)
    - Hypnotisme, suggestion, psychothérapie, études nouvelles (1891)
    - L'Hypnotisme et la suggestion dans leurs rapports avec la médecine légale (1897)
    - Le Docteur Liébeault et la doctrine de la suggestion (1907)
    - De la suggestion , Paris, Albin Michel (1916) ; Éditions L'Harmattan, Coll. « Encyclopédie psychologique »,
    - Automatisme et suggestion (1917)
    - L'Hystérie : Définition et conception, pathogénie traitement, Encyclopédie scientifique, O. Doin et fils, 1913,


    l'École de la Salpêtrière et la névrose hystérique

    En 1878, sous l'influence de Charles Richet, le neurologue Jean-Martin Charcot à qui nous sommes redevables de la neurologie moderne commence à étudier l'hypnose comme technique expérimentale pour l'étude de l'hystérie. L'hypnotisme représente pour lui la part expérimentalisable de la névrose hystérique,

    Jean-Martin_Charcot

    il pensait que la faculté d'être hypnotisable faisait partie des symptômes des hystériques qu'il étudiait dans son service et dont il devient possible d'étudier les manifestations en reproduisant les symptômes des hystériques en dehors des crises. En d'autres termes, il soutenait que l'hypnose était une caractéristique de la névrose hystérique et que par conséquent elle n'avait d'une part, aucun pouvoir thérapeutique et que, d'autre part, elle ne concernait jamais les personnes considérées comme normales. En 1882, dans son ouvrage Sur les divers états nerveux déterminés par l'hypnotisation chez les hystériques, il réhabilite l'hypnose comme sujet d'étude scientifique en la présentant comme un fait somatique pathologique propre à l'hystérie. Dans son ouvrage, Charcot décrit les trois états du Grand Hypnotisme des malades hystériques qui seront repris dans les dessins de son collaborateur Paul Richer :

    hystherie clownisme paul richet

    - La léthargie : obtenue en pressant sur les paupières du sujet, durant laquelle le sujet reste inerte tout en manifestant une "hyperexcitabilité neuro-musculaire" (le moindre contact provoque une contracture)  ;
    - La catalepsie : obtenue en rouvrant les yeux du sujet (ou en faisant résonner un gong), pendant laquelle le sujet prend les poses qu'on lui donne et "transfère" à volonté les contractures du coté du corps où on applique un aimant ;
    - Le somnambulisme : obtenu en frictionnant le sommet du crane du sujet, durant lequel le sujet vous parle et bouge normalement ;
    - Le sujet fait preuve d'une amnésie totale au réveil.

    etudes cliniques sur lhystro-pilepsie ou grande hysterie

    Pour Charcot, l'intérêt pour l'hypnose est inséparable de la méthode anatomo-clinique, autrement dit de l'identification des altérations anatomiques susceptibles d'expliquer les maladies nerveuses organiques. Il a recours à l'hypnose dans une perspective expérimentale pour démontrer que les paralysies hystériques ne sont pas déterminées par une lésion organique mais par ce qu'il nomme une «lésion dynamique fonctionnelle» qu'il est envisageable de recréer sous hypnose. Charcot n'utilise par contre pas l'hypnose dans un cadre thérapeutique, pour tenter de «défaire» des symptômes qu'il avait en premier lieu génèrés de manière artificielle.

    hypnose richard bergh 1887

    Charcot déclare que les symptômes hystériques sont dus à un « choc » traumatique provoquant une dissociation de la conscience et dont le souvenir, du fait même, reste inconscient ou subconscient.Il pose là les bases de la théorie «traumatico-dissociative» des névroses qui sera développée par Pierre Janet, Joseph Breuer et Sigmund Freud.Pour Charcot, le choc nerveux consécutif au traumatisme représente une sorte d'état hypnoïde, analogue à celui de l'hypnose, qui rend possible un effet d'auto-suggestion.


     

     

    La polémique entre l'école de Nancy et l'école de la Salpêtrière

    Bernheim définit l'hypnose comme un simple sommeil, produit par la suggestion et susceptible d'applications thérapeutiques alors que Charcot considère que l'hypnose est un état physiologique très différent du sommeil, propre aux individus prédisposés à l'hystérie et sans possibilité d'utilisation thérapeutique alors que Bernheim voyait dans l'hypnose un sommeil produit par la suggestion et susceptible d'applications thérapeutiques. Pour Charcot, les propriétés somatiques de l'hypnotisme peuvent en outre se développer indépendamment de toute suggestion.

    Bernheim reprend point par point les phénomènes hypnotiques de la Salpêtrière pour montrer qu'ils ne sont pas des phénomènes physiologiques obligatoires mais qu'en supprimant le contrôle des facultés supérieures, l'hypnose augmente la suggestibilité du patient et son aptitude à croire. Il fait la preuve que l'on peut tout aussi bien, si on le désire, provoquer artificiellement les manifestations de la grande hystérie chez des sujets non hystériques, ou bien encore provoquer chez les hystériques des manifestations tout à fait différentes de celles décrites par Charco.Pour lui, « ce qu'on appelle hypnotisme n'est autre chose que la mise en activité d'une propriété normale du cerveau, la suggestibilité, c'est-à-dire l'aptitude à être influencé par une idée acceptée et à en rechercher la réalisation ».

    Enfin d'après Bernheim, les théories suivient par l'école de charcot selon lesquelles la fixation d'un objet ou les passes magnétiques étaient obligatoires pour obtenir l'hypnose sont en faite inutiles.

    On doit reconnaître à Bernheim et à Liébault le mérite d'avoir les premiers appliqué systématiquement la suggestion en thérapeutique, elle débouche sur la loi de l'idéo-dynamisme selon laquel «·toute idée suggérée tend à se faire acte·». Cependant dans ce tout suggestif, Bernheim ne s'interroge pas sur ce qui chez lui peut influer le patient. Il ne relève pas la dimension relationnelle et emotionnelle qui s’instaure avec le patient.

    Après la mort de Charcot les idées de l'école de la salpêtrière seront peu à peu abandonnées mais  Bernheim de son coté ne pratiquera plus non plus l'hypnose, soutenant que ses effets peuvent tout aussi bien être obtenus à l'état de veille par la suggestion, selon une méthode qu'il désigne du nom de psychothérapie, il niera même l'existence d'un « état hypnotique » et affirmera que les différents phénomènes hypnotiques peuvent être provoqués chez des individus suggestibles par suggestions verbales à l'état de veille. Bernheim déclarera : "Il n'y a pas d'hypnotisme, il n'y a que de la suggestibilité".

    En outre, la pratique de l'hypnose sera  frappée d'interdit par Wilhelm Wundt, le père fondateur de la psychologie expérimentale, qui considèrera qu'hypnotisme et occultisme sont étroitement liés et qui affirme que "les suites fâcheuses que laisse après elle l'habitude de l'hypnose [...] se manifestent dans l'amoindrissement de la résistance nerveuse et morale".

     


    Freud et l'hypnose

    Freud pratiqua un temps l'hypnose et définit la suggestion comme « une représentation consciente introduite dans le cerveau de l'hypnotisé par une influence extérieure et qui a été acceptée par lui comme s'il s'agissait d'une représentation surgie spontanément ». Il suivit en celà les théories de Bernheim dont il traduit même le livre. Deux ans plus tard il décida d'appliquer la méthode de Janet sur la désuggestion des souvenirs traumatiques des patients sous hypnose, elle-même fondée sur la théorie traumatico-dissociative de Charcot. Peu de temps après, il  passa pour la première fois à la méthode cathartique de Breuer, dans laquelle l'hypnose n'est plus employée à des fin de suggestion directe, comme un outil permettant d'imprimer une représentation dans l'esprit du patient, mais où le patient peut, grâce à l'hypnose, se souvenir du traumatime passé et le revivre affectivement. Freud souligne que " la remémoration dénuée d'affect est presque toujours sans effet ; le processus psychique qui avait surgi originellement doit être répété de manière aussi vivante que possible".

    Freud et l'hypnose

    En fait Freud oscilla entre les conceptions des deux écoles: " En ce qui concerne l'hypnotisme, j'ai pris parti contre Charcot et je n'ai pas été non plus entièrement d'accord avec Bernheim" !

    Par la suite Freud abandonna progressivement l'hypnose, Freud trouva une limite dans son application du fait de la variabilité de la suggestibilité des patients. Suite à Charcot, il considère que le modèle des patients susceptibles d'être influencés devrait être des personnes atteintent hystériques mais que, même pour ces patients , la technique de suggestion et l'hypnose ne fonctionne pas suffisamment pour fonder un traitement. il annonca finalement que "la psychanalyse proprement dite ne date que du jour ou on a renoncé à avoir recours à l'hypnos ".


     

    La méthode Coué

    La méthode Coué utilisé par Émile Coué de la Châtaigneraie né en 1858 et pharmacien de profession, est dérivée de la suggestibilité. Mais elle est avant tout une méthode d’autosuggestion. Elle se base sur l'idée que l'imagination et l'inconscient, plus que la volonté et notre esprit conscient, déterminent nos actes. En pratique, la méthode Coué consiste, à prononcer à haute et en comptant sur une ficelle comportant 20 noeuds, une phrase du type : "Tous les jours, à tous les points de vue, je vais de mieux en mieux". En tant que pharmacien, il utilisa l'effet placebo en suivant la voie de Paracelse et d'Hippolyte Bernheim et montra que c'était l'autosuggestion positive qui guérissait ses patients, ainsi que l'écoute qu'il leur prodiguait .Mais pour Coué, la pensée positive, pour être efficace, doit entrer dans le mécanisme de pensée et l'autosuggestion doit se faire de façon machinal et quotidien. La technique de pensée positive entre donc dans une philosophie à appliquer tous les jours.

    coue emile

     

    La méthode Coué repose sur 5 grandes idées :

    -  L'être est double : Conscient et inconscient
    -. Nous ne pouvons exercer notre libre arbitre que si nous dirigeons notre inconscient au lieu d'être dirigé par lui
    -. L'inconscient est plus fort que le conscient, mais nous pouvons en prendre le contrôle
    -. Pour être fort nous devons imaginer que nous pouvons faire ce que nous voulons faire
    -. L'imagination peut rendre malade le corps, mais elle peut le guérir

    A l'origine, la méthode Coué était destinée à une utilisation médicale pour :

    - Éviter les maladies
    - Amplifier l'effet des médicaments
    -  Guérir par l'effet placebo


    L'hypnose aujourd'hui

    Les états unis sont à l'origine du renouveau de l'hypnose thérapeutique depuis les années 1940. En russie, des psychiatres utilisaient aussi l'hypnose dans les cas de dépressions lourdes. Le Portugal, la Belgique et la Grande-Bretagne sont en Europe depuis des décennies précurseur dans les traitements hypnothérapeutiques.

    En France, l'hypnose thérapeutique ne revint sur le devant de la scène qu'au début des années 2000, ce qui peu être considéré comme un paradoxe...